retour sur Limoges-Poitiers

Pour résumer ce week-end Off de Oufs , reliant Limoges à Poitiers je vous mets en ligne le texte de Jean-Christophe, le plus original, à mon goût, des nombreux commentaires reçus à l’issue.

” Franchement, ce que j’en pense? Très bon, oui, très bon, excellent même, oui, excellent film! Quelques longueurs? Oui bien sûr, mais en même temps, c’est cohérent, c’est le sujet qui veut ça. C’est pleinement crédible, et puis, ….les acteurs, très bons pour des amateurs, la vache, mieux que des vrais, tu les verrais quand ils courent, on dirait qu’ils ont fait ça toute leur vie, trop forts! Bluffant les acteurs, et les cascades, ouais, les cascadeurs étaient balaises, t’imagines pas, y’en à un, jean Marc, pas froid aux flubes le gars, la précision, je te dis pas, il t’enquille un passage entre 2 palisses, tu as pas 1 mètre de large, imagines, le gars, à fond là dedans, je sais pas comment il fait, il te bourre la haie de gauche magistral, te le dire ça me fout des frissons dans le dos, trop fort, il te hache la palisse, en remet une secouée, ça arrache la selle du vtt sans qu’il touche les bas de caisse,….tu vois ce que je veux dire. Et l’autre, le tof, alors lui, il est dans l’espace temps revisité, il te mélange tout en quelques secondes, en 60cm la torche de guidon, tu vois son regard qui la suit giclant de sa glissière, il impacte le talus minimoï en face, je te raconte pas le raffut, le vélo change de sens de progression, un 180 en moins de 3 secondes, et il répond au téléphone direct, allo Bert ouais ça va, on a passé la grosse côte, la vache, je me rappelais pas, un mur. Et là tu te dis, comment il fait pour avoir encore sa torche sur le casque? Bons les acteurs, et puis les détails, les scènes de crevaisons, super bien jouées, du Audiard en mécanique, tu as quelques invraisemblances, les gars qui te changent une chambre sans démonte pneus, quasiment avec les dents, l’autre qui rustine et remonte sans même que ça sèche, là tu vois que c’est pas bordé, mais pour le reste, c’est hyper crédible. Ah, et les dialogues, là tu te dis que les scénaristes se sont immergés, c’est pas possible autrement, le ton est hyper juste, c’est dosé, tu t’ennuies jamais, c’est lyrique, tu as des héros, des finishers, le gars qui galère, aux limites de la bête blessée tu vois, l’instinct de survie, l’héroïsme cheville au corps, le David il joue bien, et la scène dans le village, imagines, à chialer, dans un coin plus qu’improbable, une famille de gens hyper sympas, carrément ils les invitent chez eux pour la nuit, je te raconte pas, Zola en bas Poitou, les gars ont 90 bornes dans les guiboles et se traînent comme des bêtes, imagines la cohorte étiolée sur ces routes de campagne quasi désertes, avançant avec une détermination digne d’une traversée des eaux lors de la fuite d’Égypte, tu vois le tableau, les regards, l’intelligence du réalisateur, et là, le refuge, les larmes aux yeux, la communion, la générosité, pas vrai steph, le pineau, les pots de farcis, la grimole, mon gars ben qu’en peut plus, Michel qui se requinque, la scène les apôtres et le petit jésus, total bucolique, les coprésidents aux anges, parce qu’ils en ont deux,….des présidents, tu vois jusqu’où se niche le soucis du détail, si tu as lu la grande course de Flanagan tu y es un peu, oui finalement, en toile de fond c’est ça, imagines Guy Rontard déguisé en chat de gouttière sortant d’une poubelle avec une arrête de poisson, la trame, le filigrane du scénario, tiens à propos, miss Flanagan vient de gagner à New York, géante!
Et la jeune actrice, là, Marie-Manon, elle a de l’avenir celle là, pour qui saura lui proposer des bons rôles. Si elle se gère bien, on a pas fini d’en entendre parler.
Bon, merci à vous pour vôtre authenticité, merci à Fabrice pour les décors floraux et bravo, c’était un week-end unique.
Que ceux que j’ai pas cités me pardonnent, ils sont tous bons mais je vais dormir!
La bise.”
Jean-Christophe Prisset.